« Les idées sont un élément séparateur. L'amour est une communion avec autrui. Les univers mentaux sont des isolants. L'amour fait embrasser toutes les races, le monde entier, toutes les formes de création. L'artiste, en fait, est à la recherche d'un langage universel, et des artistes de toutes les parties du monde arrivent à se comprendre. »
extrait de Journal 2 d'Anaïs Nin.
mercredi 29 juillet 2009
Autour d'Anaïs Nin
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Claudio Pinto
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Hotaru (Aki Shimazaki)
Un très beau roman qui se lit vite et bien, résultat d'un coup de dés lors de ma dernière visite éclair à la bibliothèque de mon quartier (ce roman faisait partie des coups de coeur des bibliothécaires). Je cherchais alors quelques livres pour meubler mes après-midis dans le cadre d'un week-end au chalet. En fin de compte, je n'ai rien lu là-bas, car le plein air m'appelait plus fort que tout. Comme à l'habitude, j'ai continué à faire mes lectures à la maison.
Hotaru est le cinquième et dernier livre d'une série. Dès que l'occasion se présentera, je lirai d'autres romans faisant partie de ce cycle. Après ma lecture, j'ai appris que ce livre avait gagné le prix du Gouverneur Général 2005 dans la catégorie «Romans et nouvelles». L'édition que je possédais comportait plusieurs coquilles, à un point tel qu'il m'était difficile d'imaginer qu'un éditeur aussi réputé qu'Actes Sud ait pu laisser passer autant d'erreurs typographiques. Une nouvelle édition vient de paraître, espérons que ces erreurs ont toutes été rectifiées. Voici un extrait qui m'a parlé :
« J'ai appris quelque part, dans un livre scientifique, qu'il y a des lucioles qui clignotent à l'unisson, et même à un certain rythme. C'est comme un orchestre sans chef. Cette synchronisation était un mystère jusqu'à récemment, les gens pensaient qu'elle se produisait accidentellement. En fait, d'après le livre, le mécanisme de ce phénomène est simple : chaque insecte comporte un oscillateur, comme un métronome, dont le minutage s'ajuste automatiquement en réponse aux flashes des autres. Je crois qu'il n'y a peut-être pas de coïncidences dans ce monde. Il doit y avoir un rapport entre les phénomènes qui arrivent en même temps. »
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Claudio Pinto
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lundi 27 juillet 2009
Un été pas tout à fait à l'eau (malgré la météo)
De la difficulté de nourrir ce blogue par les temps qui courent ... quel blogueur n'a t-il pas un jour ou l'autre passé par là? C'est que ces temps-ci, je m'occupe d'autres choses, notamment d'un blogue consacré à mon émission de radio. Pour visiter la page, c'est ici.
Réalité de mes jours présents : jamais de ma vie je n'ai autant oscillé entre musique et littérature. Lorsque je réponds à l'appel de l'une, l'impression que l'autre se fâche et vice-versa, dans un flux répété et pratiquement ininterrompu, à la manière d'une musique dodécaphonique. Ce duel entre les deux grandes maîtresses est sans fin et me fatigue un tantinet, surtout la nuit.
Sur une autre tonalité, un ami compositeur (nous travaillions ensemble à conseiller des disques de musique classique dans un magasin au détail, il y a quelques années) m'a approché pour écrire le livret d'un court opéra (sorte de «musical» d'une durée d'environ 15 minutes) dont il composera la musique. L'opéra sera créé lors de la biennale de Munich en mai 2010. Voici le lien de son site : http://www.samymoussa.com/
Côté lectures, les choses continuent d'avancer. Lu quelques nouvelles d'Oscar Wilde qu'un ami m'a prêté. Intéressant, drôle par moments (l'humour british peut parfois être assez délicieux), mais le style est vieillot. J'ai aussi continué de lire Je pensais que mon père était Dieu, une anthologie d'hi
stoires américaines rassemblées par Paul Auster. À date, j'ai lu une cinquantaine d'histoires (le volume en regroupe 172) et voici un sommaire de comment les choses se sont passées jusqu'ici : quatre histoires m'ont fait lâcher un «Oh my God!» dont le volume était suffisant pour que quelques voisins de table m'entendent ; deux histoires m'ont fait pleurer et plusieurs m'ont fait sourire. L'idée de rassembler ces récits, destinées au départ à être lues dans le cadre d'une émission de radio, est plus qu'intéressante. Bien que ces histoires n'ont pas été écrites par Paul Auster, les fans de l'auteur américain reconnaîtront au détour le ton chaleureux et suave typiquement austérien. Ce livre est agréable à lire et lorsqu'on vient de quitter une histoire touchante, on a hâte de passer à la suivante. Néanmoins, très peu de ces textes peuvent être considérées comme de la littérature, à proprement parler, mais pour peu que ma mémoire s'en souvienne, c'est mieux que les récits du Reader's Digest.
Vu deux excellents films : Waking Life (Richard Linklater), un film d'animation à voir absolument, et La femme d'à côté de François Truffaut. Ce Truffaut de la dernière période est superbe, et je trouve insensé que la critique ne l'ait pas bien accueilli à sa sortie.
Du côté de la vie pratique, trois de mes colocataires reviennent d'Europe cette semaine. Puis une grande amie revient du Guatemala aujourd'hui. La fin de semaine sera un peu plus endiablée que les précédentes. Si la fête m'importune, je peux toujours opter pour le café du coin et lire quelques pages.
Je poursuis assidûment ma lecture du Journal d'Anaïs Nin. Dans ma vie, je n'ai rencontré qu'une seule personne qui portait ce magnifique prénom. Elle et moi nous sommes rencontrés dans une ... librairie ! Tout comme l'écrivain hispano-américaine, Anaïs était belle et gracieuse, mais elle n'écrivait pas. Cette rencontre avait eu lieu aux environs de l'année 2003.
Quelques années plus tard, j'ai croisé une serveuse qui travaillait dans un bar de la Rive-Nord. La première chose que j'ai fait en la voyant fut de m'en approcher et de lui demander à brûle-pourpoint si elle s'appelait Anaïs. Elle me fixa, l'air ébahi et me répondit : « Non, mais pourquoi tu me demandes ça? » Je lui dis : « C'est simplement pour vérifier une intuition » (en réalité, je trouvais que la jeune femme ressemblait étrangement à cette Anaïs rencontrée à la librairie quelques années plus tôt). La serveuse m'a fait un sourire et nous avons commencé à discuter. Après l'échange de formules de politesse habituelles, elle passa rapidement à la raison de sa stupéfaction de m'entendre lui poser une question aussi directe à propos d'un prénom : « J'étudie en théâtre-interprétation et j'en suis à ma dernière année d'études. Il y a quelques semaines, j'ai joué un rôle qui m'a profondément marqué, un rôle que je n'oublierai jamais, car le personnage que j'incarnais me ressemblait drôlement. Mon personnage s'appelait Anaïs»
Ah oui, j'ai aussi commencé Sur la route de Jack Kerouac. J'adore l'atmosphère de ce roman.À chaque page, ça sent la bière et les pneus qui crissent sur la chaussée brûlante.
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Claudio Pinto
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jeudi 2 juillet 2009
Sur la plage de Chesil
L'histoire d'un jeune couple au jour de leur mariage. Ian McEwan est un auteur britannique que j'ai découvert cette année (j'avais lu il y a quelques mois Amsterdam qui ne m'avait pas laissé une grande impression). Sur la plage de Chesil est son plus récent roman.
McEwan trouve sa vitesse de croisière dans la description très souvent pittoresque des lieux, de l'époque, des personnages. Au-delà des qualités narratives du roman et de l'intérêt de l'histoire qui le porte, c'est la manière avec laquelle McEwan décrypte la femme (l'un des deux personnages principaux) qui m'a le plus touché. Depuis ma lecture de Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stephan Zweig, aucun auteur (masculin) n'avait réussi à me conduire jusqu'au coeur des mystères de la conscience féminine, mystères couvrant autant les sphères intellectuelles, sociales et psychologiques de la femme.
J'ai brièvement parlé de ce roman à mon émission de radio de ce soir (La Schubertiade des temps modernes), citant sur les ondes l'avertissement de l'auteur à la fin de volume. Cette remarque fort singulière (qui pourrait jusqu'à un certain point être considérée comme l'épilogue) nous laisse sur une impression agréablement réflexive de la fine cloison qui sépare le réel de l'illusion. Cela dit, Sur la plage de Chesil me confirme que les amis bibliophiles qui me l'ont recommandé ne se sont pas trompés.
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Claudio Pinto
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