mardi 3 février 2009

3 février 1959 - The day the music died


Date fatidique dans l'histoire de la musique, trois talentueux rockers dont les carrières ne faisaient que commencer sont morts tragiquement dans le crash d'un avion, ce jour de l'année 1959. Cinquante ans déjà et cette date occupe toujours une place tristement particulière dans nos encyclopédies de la musique ainsi que dans le coeur de tous les amateurs de musique rock. Le 3 février 1959, après un concert donné à Clear Lake, en Iowa, la musique a perdu trois de ses précieux représentants : Buddy Holly, Ritchie Valens et J.P. Richardson mieux connu sous le surnom de "Big Bopper".

J'ai dû voir le film La Bamba, une bonne quinzaine de fois. Durant mon adolescence, ce drame qui relate la vie et la carrière de Ritchie Valens était diffusé régulièrement à la télévision. À la fin du film, on a prononcé le nom de Buddy Holly. Je le retins car ce nom m'était déjà bien connu pour l'avoir lu et relu dans plusieurs ouvrages consacrés à la musique. On disait que Buddy Holly était probablement le plus prometteur des trois défunts chanteurs et qu'il constituait à lui seul une perte importante pour la musique. Qu'à cela ne tienne, une considération tout aussi pertinente m'effleure : de quelle manière pourrions-nous rester indifférents à la disparition si prématurée de Ritchie Valens, lui qui, à l'âge de dix-sept ans, avait déjà enregistré quelques excellents succès radiophoniques. En musique classique, dans l'annexe des compositeurs morts prématurément, deux noms me viennent immédiatement à l'esprit : Guillaume Lekeu, un talent qui promettait au plus au point et qui fut emporté subitement à l'âge de vingt-quatre ans, et surtout Franz Schubert, que la mort a enlevé alors qu'il n'avait que trente-et-un ans.

Les trois chanteurs (ainsi que d'autres musiciens dont Dion de Dion & the Belmonts) faisaient partie d'une tournée américaine organisée par un groupe de promoteurs. L'itinéraire de cette tournée était si mal dressé que certains musiciens ont rapidement commencé à se plaindre ; par exemple, il pouvait y avoir trois cent kilomètres de distance entre la ville A et la ville B mais seulement quarante kilomètres de distance entre la ville A et C, sans compter les difficultés rencontrées en chemin, notamment la fiabilité douteuse des autobus. La tournée se déroulant en plein hiver, le chauffage de l'autobus s'avéra rapidement inadéquat ; des cas d'hypothermie avaient été enregistrés. La location d'un avion fut donc considérée et l'idée finit par se concrétiser. Le tout se passa rapidement, si bien qu'il n'y eut que très peu de considération pour un détail important en vue du vol nocturne : le pilote de l'avion avait échoué ses examens dans les épreuves de vol de nuit. Peu avant de se rendre à l'aéroport, Ritchie Valens demanda à Buddy Holly s'il restait une place dans l'avion (Valens n'avait jamais prit l'avion auparavant). Holly lui dit qu'il restait un siège et qu'il fallait tirer à pile ou face pour savoir qui allait prendre place à bord. C'est ainsi que le hasard voulut que Valens effectue son premier et dernier vol en avion. Para bailar la bamba se necesita una poca de gracia... cet air n'avait pourtant rien de triste.

Big Bopper n'était pas sensé prendre place à bord de l'appareil. Dans l'autobus, ce dernier tomba malade. Il demanda donc au jeune musicien Waylong Jennings, occupant original à bord de l'aéronef et collaborateur de Buddy Holly, de lui léguer sa place. Jennings accepta et lorsque Buddy Holly apprit que ce dernier n'allait pas monter à bord, il lui dit : « J'espère que tu prendras froid dans l'autobus. » À brûle-pourpoint, Jennings répondit : « J'espère que ton avion va s'écraser. » Inutile de dire que Waylong Jennings, qui devint une figure célèbrissime de la scène country internationale, a été hanté jusqu'à sa mort par le remord de conscience.

Nous savons tous que le 3 février 1959 est reconnue comme étant cette date où la musique connaissait une sorte de fin ou The day the music died comme le chante si bien Don McLean dans sa chanson American Pie, une ode folk-rock qui devint instantanément un classique. Sans même faire appel à l'intuition, j'imagine que bien des radios feront tourner cette chanson sur les ondes aujourd'hui.

À la mémoire de Buddy Holly, Ritchie Valens et Big Bopper, trois chanteurs qui n'ont pas eu le temps de dire une fraction du message qu'ils auraient voulu faire passer, je m'en vais écouter à l'instant la chanson American Pie.




Découvrez Don McLean!

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